Contexte

Avec ses 5000 km de côtes, Madagascar est un pays en voie de développement dont les activités maritimes jouent un rôle primordial dans la vie sociale et économique des habitants. Il existe environ 1.250 villages de pêcheurs sur l’ensemble des côtes malgaches. La majorité de ces villages est située dans les Régions de Diego Suarez, de Mahajanga et de Toliara. D’une manière générale, les pêcheurs sont très dispersés et la plupart des villages est constituée d’un nombre restreint de familles (85% des villages sont habités par moins de 50 pêcheurs). Les plus peuplés se situent essentiellement à proximité des grandes villes. Sur l’ensemble des pêcheurs traditionnels, 70% se servent de pirogues, les autres travaillent à pied.

Entre 1970 et 1990, le nombre de pirogues a été multiplié par 5,5 et la capture des produits de la mer issue de la pêche traditionnelleaplus que quadruplé atteignant près de 54.000 tonnes par an en 1990. Par ailleurs, durant cette même période, la population malgache s’est accrue de 60% passant ainsi de 7 à 12 millions d’habitants (elle est aujourd’hui de plus de 20 millions d’habitants avec un taux d’accroissement démographique de plus de 3%; le TAD de la population mondiale est de 1,14%). Un pêcheur collecte en moyenne environ 1.000 kg/an de produits de la mer et en consomme annuellement avec sa famille 218 kg soit une consommation moyenne d’environ 30 kg/personne/an ce qui contraste avec la moyenne nationale de 7,4 kg/personne/an (la moyenne mondiale dans les pays développés est de 16 kg/personne/an). Les quelques 800 kg restant représentent la source principale de revenus des familles de pêcheurs. Dans la majorité des cas, les conditions de vie des pêcheurs sont meilleures que celles des paysans et des ouvriers: leurs revenus dépassent généralement le salaire d’un ouvrier travaillant en ville estimé à 100.000 Ariary/mois (soit 35 €). La pêche et la collecte d’organismes marins assurent ainsi la majeure partie des moyens de subsistance (nourriture et revenus) des communautés littorales.

Par ailleurs, la plupart des acteurs universitaires du présent projet ont été les fondateurs de la première aquaculture marine villageoise développée dans le Sud-Ouest malgache, à savoir l’holothuriculture. Après deux projets PICs (CUD) développés entre 1997 et 2007, les partenaires du Sud et du Nord ont créé une société Spin Off (Madagascar Holothurie S.A.) associant en son sein acteurs universitaires et partenaires privés. Cette société travaille aujourd’hui avec plus d’une centaine de pêcheurs de divers villages s’étendant sur 200 km de côtes. Ces pêcheurs élèvent des holothuries (organismes marins à haute valeur commerciale exportés en Chine) qui leurs sont vendues par Madagascar Holothurie S.A. Les villageois revendent les produits élevés à la société qui les traitent et les exportent vers la Chine.

Partenariats actuels

  • Copefrito S.A. est la plus grosse compagnie de pêche de Toliara; elle est depuis le début le principal partenaire privé de la Spin Off belgo-malgache MH.SA et accompagne également depuis 2010 le développement de l’algoculture dans la Région Sud-Ouest.
  • Ibis-Algoculture est une société qui a développé l’algoculture et initié la coralliculture sur une île proche de Diégo-Suarez, Nosy Ankao.

Ces acteurs, avec l’Université de Diégo, sont désireux de développer un système de polyaquacultures dans les villages côtiers malgaches.